Archives mensuelles : octobre 2015

Pourquoi la bio’bric® de BOUYER LEROUX n’est-elle pas un écomatériau ?

Bouyer Leroux vend ses briques sous la marque « bio’bric® ». Il faut vous poser la question, s’il ne sagit pas là surtout d’une marque commerciale déposée et non d’un certificat de conformité avec un quelconque label biologique. Cela paraîtrait logique puisque la brique à base d’argile enfreint une des exigences les plus importantes afin qu’un matériau puisse être déclaré écologique : la fabrication à partir de matières premières renouvelables, alors que L’ARGILE N’EST PAS UNE MATIÈRE PREMIÈRE RENOUVELABLE. D’autres raisons vous seront exposés ci-dessous.

On peut lire sur Wikipedia concernant la définition de l’éco-matériau qu’il doit répondre aux exigences et principes du développement durable dont voici une liste non exhaustive :

  • les matières premières doivent provenir de ressources naturelles durablement renouvelables alors que l’argile est une matière première non-renouvelable. Autrement, nous pourrions aussi considérer le bois issu de la forêt amazonienne comme un écomatériau alors que cela vous choque sans doute.
  • l’écomatériau ne doit pas avoir des effets nocifs sur la santé et cela à aucun moment de sa vie (et notamment ni à la production, ni à sa mise en œuvre). Or, il suffit de lire le dossier sur la prévention des risques professionnels dans les briqueteries et tuileries sur officiel-prevention.com pour comprendre que cela n’est pas le cas pour la production de briques.
  • l’impact environnemental et énergétique doit être faible ou neutre. La production BOUYER LEROUX consomme de l’énergie à la cuisson, lors du déplacement des argiles entre les différents sites (et par la même occasion des gaz à effet de serre) etc.

Outre les impacts sur l’environnement (eau, sol, biodiversité…) précédemment évoqués dans l’article sur les impacts sur la ressource en eau et la prairie bocagère, la bio’bric® ne peut être considérée comme un matériau écologique pour les raisons suivantes :

  • La brique est issue de gisement d’argile fossile non renouvelable.

  • Lors du décapage de la terre végétale, de l’extraction, du transport au sein de la carrière, puis du transport de la carrière à l’usine, les engins et les camions consomment de l’énergie fossile et émettent des quantités importantes de gaz à effet de serre (GES) alimentant le réchauffement climatique.

  • Des pompes seront nécessaires à la gestion de l’eau lors de l’extraction. Elles consommeront encore de l’énergie primaire.
  • Comparativement à d’autres matériaux de construction (bio-sourcé type chanvre et même le béton), la fabrication de la brique est celle qui consomme le plus d’énergie nécessaire aux différentes étapes de production, notamment pour le chauffage des fours de cuisson.

  • Lors de la cuisson, des quantités de gaz à effet de serre sont encore émises dans l’atmosphère.

  • L’éventuelle utilisation du biogaz (composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone) issu de la fermentation des déchets, n’est pas neutre en terme d’émissions de gaz à effet de serre et présente des risques environnementaux (déchets divers pouvant comporter des toxines).

    Comparativement, les matériaux bio-sourcés ou le bois ne nécessitant pas de cuisson, n’émettent pas ou très faiblement de gaz à effet de serre lors de leur constitution ; à l’inverse, ils ont absorbé du CO2 lors de la croissance végétale (en fin de vie, leur bilan est neutre).

  • Enfin le transport externe, entre l’usine et le lieu de construction, est encore consommateur d’énergie fossile et le poste le plus émetteur de GES. La brique, dense et lourde, génère en proportion de sa masse, davantage d’émissions de gaz à effet de serre. Or, cette production est destinée à un marché du nord de l’Europe et non localement.

Par ailleurs, nous n’avons pas besoin de la brique en tant que matériau puisque suffisamment d’autres matériaux écologiques existent aujourd’hui sur le marché tels que le bois issu de forêts gérées durablement ou encore des matériaux à base de chanvre.

Au regard des enjeux du réchauffement climatique, le projet de carrières et de briqueterie n’est vraiment pas compatible !

 

 

 

Une vraie décote immobilière sans rapport avec l’économie générale

La réalisation du projet BOUYER LEROUX Progress-Chart-Loss-800pxde créer de nombreuses carrières de plusieurs dizaines d’hectares chacune, d’une usine de briques et le risque que les carrières vides se transforment en décharge plus tard, aurait un impact négatif terrible sur la valeur immobilière des propriétés, même à plusieurs kilomètres des carrières, décharges et de l’usine. Une vraie décote immobilière sans rapport avec l’économie générale serait incontournable.

Une étude scientifique et indépendante de la London School of Economics (université Londonienne réputée en matière d’études économiques) ne laisse aucun doute sur l’impact dévastateur des éoliennes sur la valeur des maisons.

Nous vous rappelons que des études scientifiques sont menées en écartant tout effet extérieur qui pourrait influencer le résultat recherché afin de garantir la comparabilité des chiffres obtenus en toute circonstance. En clair, cela veut dire que les décotes ci-dessous s’appliqueront EN PLUS des effets d’un marché immobilier déjà en baisse.

Menée sur douze ans et comprenant un million de foyers, ces recherches révèlent :

  • une perte de 11 % de la valeur immobilière à une distance de 2 km
  • une perte de 3 % de la valeur immobilière à une distance de 4 km.

Compte tenu des nuisances bien plus nombreuses et graves provoquées par des carrières (voire décharges plus tard) et des usines, il faut être borné pour ne pas comprendre que la décote immobilière en cas de réalisation des carrières et briqueteries par BOUYER LEROUX (sans oublier le risque de transformation des carrières en décharge par la suite) sera bien plus élevée. Le témoignage de l’habitante de Sainte Geneviève lors du conseil municipal du 15 juillet à Sommery nous reste toujours en mémoire. Elle avait affirmé avoir perdu, déjà maintenant, 30 % sur la valeur de sa maison.

Pour les fervents défenseurs de la théorie que le projet BOUYER LEROUX ne provoquera pas une décote immobilière considérable, ils n’auront plus qu’à se poser la question s’ils sont prêts à acheter à côté ou à proximité d’une carrière, décharge ou usine.

Si vous souhaitez approfondir ce sujet, nous vous suggérons de lire l’article sur explorimmo.com.

SCOP BOUYER LEROUX condamnée pour ENTENTE SUR LES PRIX

Suite à la saisie du CONSEIL DE LA CONCURRENCE par le ministre délégué aux finances et au commerce extérieur de la République Française, la SCOP BOUYER LEROUX condamnée pour entente sur les prix dans le grand ouest de la France (décision du 03 mai 2000).Justice

L’Autorité de la concurrence, anciennement Conseil de la concurrence, est une autorité administrative indépendante (A.A.I.) française chargée de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles et d’étudier le fonctionnement des marchés. Elle a pour but d’assurer le respect de l’ordre public économique. (Wikipedia)

Comme un document émanant de l’Autorité de la Concurrence le révèle, la SCOP BOUYER LEROUX avait créé, ensemble avec la société Produits Rouges de Vendée S.A., la société Jean Rivereau S.A. et la société Marcel Rivereau S.A. une société commune chargée de la commercialisation : la société SIBO.

Malgré un marché en chute libre (-57 % entre 1982 et 1991), la SIBO a pratiqué des fortes augmentations de prix pour la brique plâtrière. C’est une pratique difficilement possible sur un marché qui s’écroule, si vous n’avez pas une position dominante.

La SIBO, qui réalisait plus de 75 % des ventes de briques plâtrières, a mis en difficulté un concurrent (la société Carrières et Briqueteries Lafon) par des pratiques commerciales déloyales. Au final, le concurrent a été racheté par les quatre sociétés actionnaires de la SIBO citées ci-dessus. Il est démontré que la SIBO a maintenu des prix anormalement bas dans le secteur géographique de la société Carrières et Briqueteries Lafon tout en maintenant un prix artificiellement haut dans les autres secteurs.

Le Conseil de la Concurrence (aujourd’hui nommé Autorité de la Concurrence) a infligé les amendes suivants :

  • pour la SIBO : 2 millions de francs (soit 304.894 €)
  • pour la SCOP BOUYER LEROUX : 650.000 francs (soit 99.091 €), la plus lourde peine des quatre actionnaires !
  • pour la SA Produits Rouges de Vendée : 450.000 francs (soit 68.602 €)
  • pour la SA Jean Rivereau : 200.000 francs (soit 30.489 €)
  • pour la SA Marcel Rivereau : 8.000 francs (soite 1219 €)

L’enquête de l’Autorité de la Concurrence avait retenu en final, entre autres, les griefs suivants :

  • Entente anticoncurrentielle, interdit par l’article 7 de l’ordonnance du 1er décembre 1986
  • Répartition de marché
  • Empêchement du maintien du concurrent principal sur le marché de la brique plâtrière par la diminution sélective des prix en pratiquant des remises discriminatoires vis à vis des clients de ce concurrent.

Source : Autorité de la Concurrence

La prise en compte de NATURA 2000

Natura 2000 - protection de l'environnementLe classement NATURA 2000 apporte une valeur de niveau européen au pays de Bray concernant son patrimoine naturel remarquable : faune particulière, milieux (dits « habitats ») naturels ou exploités en agriculture et foresterie. Certains habitats, tels que les tourbières acides à sphaignes, sont uniques en Haute-Normandie et d’intérêt communautaire.

Les terrains inscrits par les administrations française et européenne dans le réseau européen NATURA 2000, ont été délimités à partir d’études scientifiques approfondies et suite à des concertations avec les élus et les représentants des activités économiques du territoire.

Quatre sites NATURA 2000 valorisent le pays de Bray. Ce sont des zones humides, des coteaux calcaires, des rivières et des ruisseaux, une partie de la forêt d’Eawy. Celui du Pays de Bray humide (Zone Spéciale de Conservation n°FR2300131) recense 3337 ha de terrains répartis sur 30 communes. Il couvre une partie du bocage et des forêts humides du fond de la boutonnière. Certaines parcelles remarquables sont situées à proximité immédiate des zones potentielles visées par l’exploitation de carrières.

Un projet ne doit pas porter atteinte aux habitats naturels et aux espèces d’intérêt communautaire présents sur le site NATURA 2000, ni à leur conservation.

 

Les impacts sur la ressource en eau

Robinet d'eau potableLe creusement de carrières, tel qu’envisagé par BOUYER LEROUX, engendre des impacts assez bien connus sur la ressource en eau, qu’elle soit de surface ou souterraine. Or, le pays de Bray est particulièrement fragile du fait des nombreux ruisseaux et des nappes qui affleurent, dépendant justement des niveaux argileux imperméables. Les nombreuses mares, les prairies humides, les sols tourbeux et inondés, témoignent de la proximité de la nappe d’eau souterraine.

Lorsqu’une excavation est créée dans le sous-sol, c’est toute la circulation de l’eau de surface et des eaux souterraines qui peut être modifiée à cet endroit. Le rabattement de nappe est un phénomène couramment observé : le niveau de l’eau souterraine s’abaisse dans les sols situés autour des carrières tandis que celles-ci se remplissent. Toutefois, la géologie complexe du Bray (alternance de couches argileuses et sableuses) ne permet pas de savoir précisément et préalablement au creusement, quels seront les effets hydrologiques exacts à tel endroit. Les volumes, les trajets de circulation, les vitesses d’écoulement initiales peuvent être perturbés et provoquer un assèchement ou une inondation aux alentours. Seules des investigations lourdes (suivi piézométrique sur plusieurs années) peuvent apporter des éléments de réponse.

Le réchauffement des eaux est classiquement remarqué dans les carrières en eau. En exposant une grande masse d’eau à l’air libre, l’eau anciennement confinée dans le sol et le sous-sol subit de nouvelles transformations physiques touchant à la température, le pH, la conductivité, l’oxygène dissous, la turbidité, les paramètres organoleptiques… Elle est aussi plus sensible à la pollution pouvant provenir de la surface (ammonium, nitrates, phosphates, micro-polluants, matière en suspension, pesticides…).

L’exploitation de carrières peut donc entraîner des impacts directs et indirects sur la quantité et la qualité des eaux de surface et souterraines utilisées pour divers usages : l’alimentation en eau potable, l’agriculture, la pisciculture… Ces effets peuvent perturber les milieux aquatiques en tant que tels, ainsi que la faune, la flore, toute la biodiversité dépendant de la qualité et des niveaux d’eau.